Intervention du collectif

Intervention de Serge Agreke
au nom du collectif des associations
17 octobre Vannes et sa région.

Bienvenue à tous. Merci d’avoir répondu à notre invitation.

En cette année du 70 ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, nous adhérons, plus
que jamais, à ces paroles du Père Joseph Wrésinski, fondateur du mouvement ATD Quart monde :
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Ce 17 octobre 2018, Journée Mondiale du Refus de la Misère, nous proclamons une fois encore « stop à la misère », comme le font avec nous aujourd’hui des centaines de milliers de citoyens de part le monde.
Ici, ce soir, à Vannes, écoutons cet appel, entendons dans un instant ces témoignages de celles et ceux qui vivent parmi nous, en Morbihan, au quotidien et dans leur chair, la pauvreté.

Partageons leur combat et leurs espoirs pour une vie digne.
• Avec eux, exprimons notre indignation et notre colère face à une société incapable d’assurer à chacun ses besoins vitaux et de respecter ses droits fondamentaux,
• Avec eux, dénonçons l’épuisement et l’humiliation ressentis devant tant de formes de violences et d’oppressions physiques, morales, sociales, économiques et culturelles,
• Avec eux, rejetons l’indifférence, l’exclusion et le repli sur soi, pour inviter à la solidarité et à l’engagement pour combattre ensemble la pauvreté.

Ce combat est juste et justifié, à l’instar de celui mené naguère contre l’esclavage et l’apartheid. C’est le combat pour la dignité et le respect de tout être humain. Le gagner ne dépend que de nous, comme le rappelait toujours Joseph Wrésinski :
« La misère est l’œuvre des hommes. Seuls les hommes peuvent la détruire ».

Pour rendre hommage aux « victimes de la faim, de l’ignorance, et de la violence », une dalle a été posée à Paris en 1987, au Trocadéro, sur le parvis des droits de l’Homme. Elle est un témoignage de solidarité avec celles et ceux qui ne se résignent pas à accepter leur vie telle qu’elle est, elle est un appel à l’action pour
celles et ceux qui ne se résignent pas à accepter le monde tel qu’il va.
La dalle inaugurée dans quelques instant, réplique de celle posée au Trocadéro, procède de cette conviction que seule la solidarité permettra de vaincre la misère.
Scellée sur le parvis de cette gare, elle habille désormais un espace de passages et de rencontres, où se côtoient tous les milieux sociaux, où souvent se posent les sans-abris, où arrivent aussi des migrants.
Pour tous ceux qui partagent notre idéal, nous espérons qu’elle sera un lieu de fraternité avec les victimes de la misère, et d’engagement citoyen pour construire un monde plus juste par l’application effective des droits de l’Homme pour tous.
Cette dalle est désormais notre bien commun qu’il nous appartient de faire vivre.

Nous remercions chaleureusement de leur investissement les associations, les bénévoles, les agents publics, les citoyens qui ont donné de leur temps et de leurs compétences pour permettre à ce projet d’aboutir.
Nous saluons plus particulièrement Nono, qui nous a offert le sourire de notre invitation, M. Bertin, marbrier, et ses compagnons, qui partagent le même engagement à Pipriac, la SNCF qui a accepté d’être légèrement perturbée ce soir dans son fonctionnement, et la maison des DOM-TOM pour son accueil.
Enfin, nous remercions publiquement les trois collectivités territoriales qui nous ont accompagnés et financièrement soutenus : le Conseil départemental du Morbihan, Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, et la ville de Vannes.
Mme la vice-présidente, M. le président, M. le maire, vos contributions ont été déterminantes pour l’aboutissement du projet.

Elles peuvent l’être tout autant pour combattre la misère, à écouter Victor Hugo : « Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Détruire la misère oui, cela est possible, les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse. »
Aussi, à l’unisson de l’appel de cette journée : « de la déclaration à l’action », nous vous proposons d’aller au-delà de la déclaration d’engagement contre la misère qu’exprime ce soutien financier de nos trois collectivités.

Ensemble, renforçons les actions pour lutter contre la misère sur notre territoire. Chacune des associations ici représentées est disponible pour un dialogue avec vous sur le sens et la forme des politiques qu’il vous faut conduire pour lutter contre la pauvreté.
Car, comme le soulignait Geneviève De Gaulle-Antonioz, longtemps présidente d’ATD Quart monde, « La seule réponse possible, la seule voie consiste à nous rassembler pour vouloir et mettre en œuvre plus de démocratie. C’est l’ardente attente des plus pauvres que d’en être les artisans. »

Merci de votre attention

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